Ce qu’on ne m’a jamais dit sur la création d’entreprise

| 4 minutes de lecture |

En 2007 j’étais un jeune entrepreneur heureux qui pourtant manquait cruellement de confiance en lui et débarquait “la fleur au fusil”, se contentant d’être un entrepreneur sans très franchement le faire comme il faut. J’ai vu l’écosystème entrepreneurial foisonner d’initiatives depuis plusieurs années et j’adore ça, mais trop se contentent de vendre du rêve. L’évènementiel bien trop “marketé”, le côté obscur du communitarisme, l’égotrophie d’opportunistes alimentent un univers suffisamment jeune pour ne pas se rendre compte de ses excès.

Il y a des leçons qu’on aurait pu me dire que de toute façon ç’a n’aurait pas changé grand chose, il fallait non seulement que je les expérimente mais aussi que je les comprenne. Je vais les partager au risque de faire un peu rabougri qui donne des conseils parce qu’il y aura peut être des jeunes entrepreneurs à qui ça servira.

Une entreprise n’est pas un bébé

Combien de fois ai-je dis ou entendu que l’entrepreneur tient à son bébé, que créer une entreprise c’est comme mettre au monde la chair de sa chair. La comparaison entre entrepreneuriat et accouchement est commune … mais quand même sacrément exagérée ! J’espère que vous préférerez toujours voir votre entreprise mourir plutôt que votre enfant … en fait ça nous arrange beaucoup de dire ça parce qu’on travaille tellement, on est tellement obsédé par notre entreprise qu’on a pas le temps pour se préoccuper d’autres choses. J’aurais pourtant voulu qu’on m’aide à dédramatiser l’enjeu d’une création d’entreprise et qu’on m’apprenne à y voir une expérience purement professionnelle qui ne résume en rien toute une vie. Et j’aurais aussi aimé savoir laisser plus de place à ma vie personnelle (car c’est plus une question de savoir-faire que de volonté).

La réussite est injuste

Non, il ne suffit pas de travailler comme un acharné pour réussir. Oui, certaines réussites tiennent plus de de la chance que de la quantité d’efforts fournis par un entrepreneur. Une fois qu’on a dit ça, on a plus qu’à accepter de faire de son mieux, de rester soi-même et de prier pour un peu de chance de temps en temps 🙂

Ne pas se tromper d’échelle

Dans notre entreprise, sur notre marché peut être, dans notre univers nous sommes une personne appréciée et respectable, voire adorée, mais plus on prendra de recul plus on ne sera qu’une poussière dans l’univers (le vrai cette fois). Alors par pitié, les entrepreneurs ne sont pas des êtres exceptionnels, ils sont juste intelligents et ils ont osé. Mais ils ne sont ni les premiers, ni les derniers à réussir et ils restent une poussière de l’univers (comprenez un peu d’humilité ne fait pas de mal).

Les media ne montrent pas le meilleur

Articles de presse, Une de magazine, interview, conférences, Google et le web  social nous ont appris que ce qui était recommandé par les autres était de qualité. Et les autres sont de qualité s’ils sont recommandés par les autres. Bref, c’est un indicateur de pertinence pas une vérité absolue. Les entrepreneurs les plus médiatiques ne sont pas forcément les meilleurs, ils plaisent juste à une communauté, il savent communiquer, ils passent bien en public, ça aide à vendre (parfois) mais ça ne fait pas tout. Et puis ça n’arrange pas leur ego (pour certains).

Les vieux ont beaucoup à nous apprendre

Ils ne s’y connaissent pas en technologie, ils sont plus de la génération tous fonctionnaires que tous entrepreneurs mais la vie leur a appris un certains bon sens. Ils ont toujours une information dont on a besoin pour être meilleur. Je conseille souvent de présenter son projet de création d’entreprise à des enfants (pour bénéficier de leur innocence), il faudrait aussi le présenter à nos aïeuls pour bénéficier de leur bon sens !

Le plaisir est le meilleur indicateur de l’entrepreneur

On peut s’acharner autant qu’on veux , si on ne se fait pas plaisir notre entreprise ne marchera pas. On aura toujours une petite voix qui nous dira de ralentir, d’arrêter, et si on ne le fait pas on ira droit à la catastrophe. On va faire des sacrifices, on va en chier, on va pleurer parfois, notre vie va changer, alors faisons au moins en sorte de se faire plaisir … c’est le meilleur moyen de rester déterminé sans obstination.

J’aurais sans doute d’autres choses à rajouter au fur et à mesure des années à venir mais voilà ce qui me vient en tête en premier. J’ai débuté ce blog en 2006 avec le mantra “entreprendre à 20 ans” (c’était même mon mémoire de fin d’études), aujourd’hui je suis plutôt dans la démarche “aider les entrepreneurs à 30 ans”. Parce que ça je sais faire, je le fais bien et ça me fait plaisir ! Voilà, rendez-vous dans 10 ans 🙂

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