J’ai eu le plaisir de participer aux journées OPPE (l’Observatoire des Pratiques Pédagogiques en Entrepreneuriat) qui ont eu lieu jeudi et vendredi dernier à Lille. Deux jours qui m’ont amené à rencontrer beaucoup d’enseignants (Collèges, Lycées et Enseignement Supérieur) plus ou moins proches de l’entrepreneuriat. Deux journées pendant lesquelles deux choses m’ont marqué :
- Le fossé existant entre l’entreprise et l’école. J’en ai véritablement pris conscience la semaine dernière, il s’agit de deux mondes radicalement différents ce qui parait inconcevable. L’école a un fort rôle d’éducation citoyenne, elle forme des bons français garants d’une culture qui n’a jamais laissé indifférent le reste du monde. Mais on ne le répétera jamais assez, les 30 glorieuses c’est finit, la préoccupation majeure (justifiée ou non) est aujourd’hui l’employabilité, la survie. Le citoyen se révèle acteur économique. La recherche d’un coupable est un débat stérile que je laisserai aux discussions de comptoir, mais bon sang que faut-il faire pour que ce vivier de professeurs avec qui j’ai partagé deux jours, ce vivier de professeurs qui avaient en tête l’intérêt de leurs étudiants, ce vivier de professeurs qui ont compris que l’entrepreneuriat n’est pas un courant politique néo-capitaliste, soient bien plus valorisés, dupliqués, appuyés ? Je crois que le temps, et donc l’arrivée de nouvelles générations, diluera les freins au développement du pragmatisme, du droit à l’erreur et de l’initiative à l’école. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille rester les bras croisés à attendre, ce que ne font pas ces enseignants, l’OPPE, l’APCE, certains fonctionnaires des ministères (oui vous avez bien lu) ou encore l’académie de l’entrepreneuriat. Bravo à tous !
- L’entrepreneuriat ne se limite pas à la création d’entreprise. J’ai moi-même tendance à réduire le champs de l’entrepreneuriat à la création d’entreprise lorsque j’en parle, c’est une déformation professionnelle que j’essaie de corriger, mais lorsque nous parlons d’entrepreneuriat, nous parlons de création d’activité, peu importe le moyen légal utilisé (société commerciale, régime de l’auto-entrepreneur, association, aucune structure, etc.). Et c’est sans doute cette vision qui permettra de faciliter le développement de l’entrepreneuriat à l’école. Parce que son but n’est pas de créer des entreprises mais de former des entrepreneurs capables de réutiliser les techniques de l’entrepreneuriat et de véhiculer ses valeurs dans un projet, qu’il soit au service de lui-même, d’une entreprise, de l’Etat, d’une ONG, d’une famille, etc.
Je ne cache pas mon souhait de voir un jour l’entrepreneuriat enseigné à tous, je ne suis pas le seul à me rendre compte de l’intérêt général et génial qu’il y a dans ce type d’enseignement. Alors j’y crois encore plus. Les manches se retroussent.
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